Grand Corps Malade – Patients

20150806_130934Quatrième de couverture :

«  J’ai envie de vomir. J’ai toujours été en galère dans les moyens de transports, quels qu’ils soient. J’ai mal au cœur en bateau, bien sûr, mais aussi en avion, en voiture ….Alors là allongé sur le dos à contresens de la marche, c’est un vrai calvaire.

Nous somme le 11 août et il doit bien faire 35 degrés dans l’ambulance .Je suis en sueur, mais pas autant que l’ambulancier qui s’affaire au-dessus de moi ; je le vois manipuler des tuyaux, des petites poches et plein d’autres trucs bizarres. Il y a de l’eau qui lui glisse sur le visage et qui forme au niveau du menton un petit goutte à goutte bien dégeulasse.

Je sors tout juste de l’hôpital ou j’étais en réanimation ces dernières semaines. On me conduit aujourd’hui dans un centre de rééducation qui regroupe toute la crème du handicap bien lourd : paraplégiques, tétraplégiques, traumatisés crâniens, grand brulés …

Bref je sens qu’on va bien s’amuser »

A tout juste vingt ans, alors qu’il chahute avec des amis, Fabien heurte le fond d’une piscine et se déplace les vertèbres. Les médecins diagnostiquent une probable paralysie à vie. Il relate ici, dans le style poétique, drôle et incisif qu’on lui connait, les péripéties truculentes, parfois cocasses, vécues avec ses colocataires d’infortune dans un centre de rééducation pour handicapés. Jonglant entre émotion et dérision, ce récit est aussi celui d’une renaissance.

L’avis du poussin : 

Je n’ai pas de penchant particulier pour les autobiographies mais en voyant Patients dans les rayons d’une librairie la curiosité a pris le dessus, on connait ce virtuose du slam qui nous envoute par ses textes plein de poésie et sans détour mais nous ne connaissons pas tous son combat pour la vie.

Tout commence par un slam, Je dors sur mes deux oreilles, qui vous plongent dans l’ambiance et dans l’émotion, avant même la première ligne.

« Evidemment on marche sur un fil, chaque destin est bancal, et l’existence est fragile comme une vertèbre cervicale. »

A travers ce récit nous traversons l’épreuve de sa rééducation avec sincérité et humour. Il nous offre une belle leçon de vie mais également un beau message sur l’engagement du personnel médical qui fait souvent avec les moyens du bord.

« Tous les jours et, pendant plusieurs mois, on vit avec le personnel soignant. Un rapport particulier s’installe entre nous. Ce ne sont pas nos conjoints, ce ne sont pas nos amis, on ne les a pas choisis mais ils nous sont indispensables. Ce sont des rapports d’être humain à être humain, alors il se crée forcément des affinités, des tensions, des engeulades. Ils ont un énorme pouvoir sur nous. On dépend d’eux pour le moindre geste, c’est pour ça qu’il est important de bien apprendre à connaitre chacun pour obtenir à peu près ce dont tu as besoin. Il faut composer avec leur état de fatigue, leur humeur, leur susceptibilité. Et comme le quota de personnel soignant par rapport aux nombres de patients est loin d’être à l’équilibre, on passe beaucoup de temps à les attendre, c’est inévitable. »

Trop long pour être un slam mais la prose est là. Ce fût pour moi un livre poignant dont je n’ai pas décroché jusqu’au dernier mot final.

La phrase marquante : Un bon patient sait patienter

Note du poussin : 4/5

Lien vers l’auteur : http://www.grandcorpsmalade.fr

Rendez-vous sur Hellocoton !

lepoussinlitteraire

5 Comments

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *